Même s’il a rencontré Navin Ramgoolam pendant plus d’une heure à la Clarisse House, samedi, le député du Mouvement militant social démocrate (MMSD) répond « non » à un éventuel saut de l’Opposition à la majorité gouvernementale. Éric Guimbeau dément ainsi les rumeurs qui circulent à son sujet : « Je lui (Navin Ramgoolam) ai dit que je ne suis pas intéressé par ce qu’il peut m’offrir. Je ne veux pas avoir l’étiquette de ministre bouche-trou collé sur le dos.

Je veux entrer par la grande porte, pas par l’imposte. »
Éric Guimbeau, cible préférée des députés travaillistes à l’Assemblée nationale, est devenu particulièrement « séduisant » avec le départ du Mouvement socialiste militant (MSM) du gouvernement. Avec une majorité de 36 députés, contre 33 dans l’Opposition, Navin Ramgoolam est sur la corde raide. S’il perd deux députés, il se retrouvera en minorité. Une grande alliance de l’Opposition le basculerait ainsi dans l’Opposition. Beaucoup d’efforts sont donc déployés pour « séduire » des membres de l’Opposition.

« Tous les jours, je reçois des coups de téléphone de la part d’émissaires qui veulent que je rejoigne la majorité. » Pour Éric Guimbeau – et il a touché un mot au chef du gouvernement –, « la seule solution c’est une bonne réforme électorale, suivie de la dissolution de l’Assemblée nationale qui débouchera sur des législatives ». À ses yeux, il faut « mettre la mafia dehors avec des ministres qui ne travaillent que pour leurs poches. Je suis bien où je suis et ma conscience est claire ».

Le pays se trouve « dans une situation extrêmement malsaine », poursuit Éric Guim­beau, et plus que jamais, le besoin pour « une équipe crédible, aux com­mandes du pays » se fait sentir. Un des sujets principaux abordés, samedi, a trait à la corruption. « Je serai virulent sur la corruption.

Si je dois dénoncer des ministres à l’Independent Commission against Corruption (Icac), je le ferai », prévient Éric Guimbeau.
Si le député a rencontré le Premier ministre Navin Ramgoolam, samedi, « à la demande de ce dernier », il a vu Paul Bérenger, leader de l’Opposition, mardi : « Comme partenaire du MMM, je le rencontre régulièrement et le tiens au courant de mes moindres faits et gestes ».

le defi plus du 8/10/2011