Projet d’alliance PTr/MMM. Paul Bérenger, leader du MMM: “Nous avons mis fin aux discussions avec les travaillistes”
Revue de Presse March 21st, 2010![]() |
| Dans un formidable “fighting mood”, le MMM, déclare son leader, a décidé, désormais, de “foncer”et prévoit une première réunion de mobilisation en marge du 1er mai le 7 avril à Plaine Verte |
C’est confirmé: le MMM a décidé de mettre fin aux discussions avec les travaillistes en vue d’une alliance PTr/MMM. “Cela veut dire ce que cela veut dire”, a précisé, hier, le leader “mauve”, Paul Bérenger en présence, notamment, du leader de l’UN, Ashok Jugnauth et du leader du MMSD, Eric Guimbeau. M. Bérenger devait évoquer les “mauvais signaux” envoyés. Il rappelle le “problème de confiance” découlant de l’expérience de 1995/97 de la première alliance PTr/MMM avortée et explique que la façon dont les discussions évoluaient en vue d’une nouvelle alliance est venue “empirer” cette “méfiance”. “Au MMM, nous avions décidé, dit-il, de ‘give a good try’ à ce projet d’alliance avec les travaillistes en vue, notamment, de redresser le pays et de consolider l’unité nationale. Mais à la veille de la rentrée parlementaire, nous ne pouvions continuer ainsi.”
M. Bérenger souligne avoir “dit et répété” tout au long des discussions d’alliance de son parti avec le PTr que le MMM n’était “pas du tout d’accord” avec la façon de gouverner de l’Alliance sociale depuis 2005 “surtout en ce qui concerne le trafic du Subutex, la situation de l’ordre et de la paix, la prolifération des casinos et la MBC”. Il rappelle avoir précisé que le projet d’alliance PTr/MMM visait à la construction d’une “autre île Maurice”. Une île Maurice “unie” où l’on ne tolèrerait aucun “dérapage communal” et où la “place” et la “dignité” de chaque communauté seraient respectées. Un pays “propre” où l’on ferait la “guerre au trafic du subutex”, à la prolifération des casinos, à la fraude et où il n’y aurait pas de “magouilles” dans l’allocation des contrats.
Le leader du MMM explique encore que cette “autre île Maurice” visait aussi une meilleure Justice sociale avec un partage plus équitable de la richesse, le rétablissement du pouvoir d’achat, la reprise de la réforme éducative, une politique soutenue de logement social et la révision des nouvelles lois du Travail votées. Il était aussi question, dit-il, d’une île Maurice “plus démocratique” à la faveur d’une “bonne réforme électorale”, d’une “autre MBC”, de la révision duPrevention of Terrorism Act (POTA), du “rétablissement” de l’ordre et de la paix et de l’instauration de la “discipline” à la tête de l’Etat et dans les corps paraétatiques.
Paul Bérenger souligne que pour le MMM, il était “clair” que dans ce projet d’alliance avec les travaillistes, le “PMSD de Valayden, Richard Duval et autre Panglose” n’avaient pas “leur place”. Or, il dit constater que, “non seulement le PMSD est demeuré toujours au gouvernement”, mais ce parti s’est mis à “hystériquement” et “bassement” à attaquer le MMM. S’il dit constater, quand même, certains “signaux positifs” comme, explique M. Bérenger, l’arrestation du dénommé Sada Curpen, la déclaration du Premier ministre signifiant son intention de “mettre de l’ordre” dans les casinos ou encore le dénouement final dans l’affaire de la grève de la faim des ex-planteurs de Riche Terre, le leader du MMM voit aussi du négatif.
Il cite l’absence, selon lui, de volonté d’aller “au fond des choses” pour ce qui concerne le trafic du Subutex, le fait que le chef du gouvernement ait choisi de, en substance, laissé traîner les choses pour ce qui concerne la grève de la faim avant de décider d’une médiation extérieure comme il l’avait longtemps suggéré ainsi que ce que Paul Bérenger qualifie de “festival de la terre pire de jamais” à l’approche des élections. Il parle aussi de “déclaration très inquiétante” du Dr Navin Ramgoolam le jour de la fête Ougadi quand, dit-il, le Premier ministre est venu donné des “éclaircissements” sur son “fameux” souhait d’obtenir une majorité des trois quarts à l’Assemblée nationale en citant le mode d’acquisition obligatoire des terres à Singapour.
Le leader du MMM rappelle aussi avoir, lors de la dernière Assemblée des délégués de son parti, fait allusion au “problème de confiance” du MMM en le Dr Ramgoolam qui découle de l’expérience de 1995//97 du temps de la première alliance PTr/MMM avortée. Selon lui, la façon dont les discussions entre son parti et le PTr évoluaient est venu “empirer” cette “méfiance”. En dépit de cela, dit-il, le MMM ainsi que l’Union Nationale (UN) et le Mouvement Mauricien Social Démocrate (MMSD) avaient décidé de “give a good try” au projet d’alliance PTr/MMM. Le but visé, soutient M. Bérenger, était, notamment, de “redresser le pays” et de “consolider l’unité nationale”.
“Nous avons, ainsi, donné ce good try, mais à la veille de la rentrée parlementaire, nous ne pouvions continuer ainsi et avons décidé de mettre fin aux discussions MMM/PTr”. Une décision entérinée “à l’unanimité” par le Bureau politique du MMM et confirmée par le Comité central de ce parti, explique Paul Bérenger. Décision a été prise par le MMM/UN//MMSD, en même temps, dit-il, de “foncer”. Ainsi, en marge de la Fête du Travail le 1er mai, une première réunion de mobilisation pour les circonscriptions Numéros 1, 2, 3 et 4 est prévue le 7 avril au Centre Idriss Goomany à Plaine Verte. Les trois partis s’apprêtent, dans le même temps, à compléter leur liste de 60 candidats.
“Solidement dans l’opposition à l’Assemblée”
Pour la reprise des travaux parlementaires, mardi, le MMM entend demeurer “solidement” dans son rôle d’opposition à l’Assemblée nationale. Paul Bérenger dit constater que, tant au niveau du Bureau politique qu’à celui du Comité central de son parti, il y a un “formidable ‘fighting mood’”. Il rappelle être demeuré, tout au long des discussions d’alliance, en “contact régulier” avec les deux partenaires de son parti, Ashok Jugnauth de l’UN et Eric Guimbeau du MMSD qui étaient, tous deux, présents, hier, à la conférence de presse.
Le leader du MMM précise être également resté en contact ces dernières heures avec son leader-adjoint, Jayen Cutaree, en voyage à l’étranger et qui rentre lundi. “Il m’a dit de préciser qu’il est sur la même longueur d’ondes que moi. Sans parler de Vishnu (Lutchmeenaraidoo) qui, comme on le sait, était contre cette alliance avec le PTr.(…) Nous avons donné un ‘good try’ à ce projet d’alliance PTr/MMM, mais cela n’a pas été possible, y compris pour une question de confiance”, répète Paul Bérenger.
A l’heure des questions, le leader du MMM devait préciser que si, “sans doute, de bonne foi”, un quotidien a, au courant de la semaine, évoqué une “suspension” des discussions d’alliance PTr/MMM, ce n’est pas “sans raison” qu’il déclare, lui, que le MMM a “mis fin” aux “discussions” avec le que l’imminence de la rentrée parlementaire à joué dans la décision de son parti de “mettre fin” à ces discussions avec les travaillistes, Paul Bérenger évoque aussi les “mauvais signaux” envoyés.
“Il y avait ce problème de confiance et pour nous, enough is enough. Certains au MMM sont arrivés à la conclusion que Navin Ramgoolam voulait nous mener en bateau comme en 1995. Si certains ministres sont prêts à tout accepter, au MMM, cela n’est pas le cas.” Paul Bérenger ne croit pas que dans toute cette affaire, le MMM ait “perdu” de sa “crédibilité”. Il évoque ce qu’il qualifie de “délire” de certains éditorialistes qui, il y a quelques temps, “sans doute, de bonne foi”, se seraient laissés pris au piège de croire que le PTr était “si fort”. Il cite, à cet effet, les difficultés de terrain que rencontreraient les travaillistes “pas seulement à Port-Louis”.
Alors que, dit-il, des personnalités comme Jean-Claude de L’Estrac ou Cassam Uteem ont “sincèrement” estimé qu’une alliance PTr/MMM allait être capable d’instaurer la discipline nécessaire au pays, M. Bérenger souligne qu’il avait, lui, personnellement, “énormément de doutes” mais qu’en tant que “patriote”, il a tenu à donner à ce projet d’alliance “a good try”. Quant à l’éventualité d’une alliance bleu/blanc/rouge, le leader du MMM dit que l’on ne peut plus parler en ces termes dans la mesure où, explique-t-il, sir Seewoosagur Ramgoolam, sir Gaëtan Duval et sir Satcam Boolell ne sont plus de ce monde alors que Vishnu Lutchmeenaraidoo “est avec nous”.
Tout compte fait, une alliance PTr/MSM/PMSD serait, pour lui, une “preuve additionnelle” de la “soi-disant force du PTr”. “Nous verrons si Ramgoolam a la force et le courage d’aller aux élections sans ramasser le MSM”, dit-il. Il dit, à cet égard, “connaître” l’opinion qu’a le Dr Navin Ramgoolam de Pravind Jugnauth.
le week end du 21.03.2010


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