Entretien dans le samedi plus du 30 janvier 2010
Entretiens January 30th, 2010« Alliance PTr-MMM… je souhaite rencontrer Navin Ramgoolam afin d’évoquer quelques points »
« IPP… que le président de la MSPA, Jacques d’Unienville et celui de la CEB, Patrick Assirvaden ouvrent un débat public »
Dans l’entretien qu’il nous accorde cette semaine, Eric Guimbeau, leader du Mouvement Mauricien Social Démocrate (MMSD), revient sur plusieurs dossiers brûlants de l’actualité, notamment les alliances électorales, les dossiers de l’énergie et la démocratisation de l’économie.
Comment se porte le MMSD à l’heure où les autres formations sont en train de se positionner en vue des élections générales ?
Le MMSD se porte très bien. Je suis serein à l’approche des élections générales car je pense avoir mener mon rôle de député avec sincérité et je suis toujours très actif dans ma circonscription Curepipe /Midlands où je vais être à nouveau candidat.
On a le sentiment que le MMM a tenté de faire un bébé à votre insu, en concluant une alliance avec le PTr.
Pas du tout. Le MMSD est en discussion avec le MMM, ceci n’empêche pas le MMM d’être en discussion avec d’autres formations politiques.
Que feriez vous en cas d’alliance PTr/MMM ?
Notre accord avec le MMM est en voie d’être finalisé. Si il y a une alliance entre le MMM et le PTR, je souhaite rencontrer Navin Ramgoolam afin d’évoquer quelques points et je prendrai une décision finale concernant le stand du MMSD par la suite.
Est-ce le souhait de la communauté des affaires ?
Je n’en ai aucune idée, mais l’île Maurice étant dans une période difficile avec la crise internationale, le chômage en hausse, un pouvoir d’achat en baisse constante, la montée du communalisme, l’insécurité grandissante, etc., il est peut-être venu le moment pour un gouvernement de consensus et d’unité nationale.
Est-ce que le MMSD a entamé des pourparlers avec les autres formations politiques?
Nous avons de bonnes relations avec les autres formations politiques mais aucun pourparler n’est en vue.
Valeur du jour, quel est votre combat?
La Vérité, l’Intégrité et de la Transparence surtout en ce qu’il s’agit de la gestion des biens de l’État. Je suis contre toute politique de favoritisme au détriment de la méritocratie.
Vous avez récemment affirmez que «La MSPA ne doit pas être complice d’une éventuelle campagne sectaire». Qu’entendez-vous par cela ?
Oui, je l’affirme. Je pense que la MSPA (Mauritius Sugar Producers Association) doit réagir et rétablir les faits si elle considère qu’il y a des faussetés qui sont dites à son égard. Nous avons vécu la campagne démagogique de CTDS en 2005. Le Premier ministre avait promis une commission d’enquête. Nita Deerpalsing avait fait état de « magouille » et Rama Sithanen de « scandale du siècle ». J’ai posé plusieurs questions parlementaires pour savoir où en était la commission d’enquête. Bref, les réponses furent que la commission d’enquête a été remplacée par un « inter-ministerial committee », puis par un « high powered committee » et finalement plus rien. A l’approche des élections, la possibilité d’un nouveau scénario semblable avec les IPP’s est très probable. Donc il est du devoir de la MSPA de ne pas laisser dégénérer le débat et de rectifier le tir afin d’éviter toute campagne démagogique et sectaire à son égard.
Vous avez aussi réclamé un débat public entre Patrick Assirvaden et Jacques d’Unienville. Il semble que les sucriers ont largement bénéficié de l’accord sur les IPP.
J’ai demandé à plusieurs reprises que le président de la MSPA, Jacques d’Unienville, et celui de la CEB, Patrick Assirvaden, ouvrent un débat public afin de faire taire toute sorte de rumeur. La transparence et la vérité demeurent la meilleure arme contre toute tentative de démagogie. Une fois la vérité connue, nous serons apte à juger si la CEB ne bénéficie pas autant de l’accord sur les IPP’s.
Etes-vous contre la démocratisation de l’Economie, prôné par le gouvernement ?
Je suis contre la façon et le langage utilisés par certains dans le but d’obtenir du « political mileage ». La démocratisation de l’économie a été utilisée comme une arme de propagande politique sur fond de toile communale avec tous les qualificatifs que cela comporte. Pour moi la démocratisation ce n’est pas d’éliminer ceux qui existent déjà pour les remplacer par des nouveaux venus. La démocratisation de l’économie, c’est de créer de nouvelles opportunités pour permettre à tout le monde d’émerger dans différents secteurs de l’économie.
Vous avez récemment consigné une déposition au CCID sur l’allocation des terres de l’Etat. Où en sont les choses ?
J’ai actuellement une quinzaine de dossiers sur le bureau de la CCID aux Casernes centrales. Je souhaite que les choses avancent dans la bonne direction. Je reste à la disposition de la CCID pour toutes informations supplémentaires en espérant que les enquêtes aboutissent au plus vite.
Que pensez-vous du conflit dans le secteur éducatif notamment l’abolition des leçons en Std IV et le refus du ministre d’utiliser la langue créole dans le projet catholique du BEC ?
Je trouve qu’il y a un cafouillage généralisé. Le ministre était à priori d’accord pour l’introduction du créole. Là, il est en train de faire marche arrière. Que nous le voulons ou pas, le créole est notre langue maternelle. Il n’y a aucun mal à l’utiliser comme medium d’enseignement.
Pensez-vous que l’ancien président Uteem doit abandonner ses privilèges au cas où il retourne à la politique active ?
Je déplore la bassesse entourant cette affaire. Il ne faut pas oublier le rôle crucial qu’a joué l’ex-président en 1999 à des moments très sombres de l’histoire du pays. Son intervention a été décisive. Ses privilèges sont des droits acquis. On ne peut pas remettre cela en question. Je salue son courage à cet effet. Mais je tiens à déplorer le langage de Deva Virahsawmy à son encontre. Il ne faut pas oublier que le secrétaire général des rouges a récidivé après avoir traité Paul Bérenger de « Lerat blanc » dans la campagne de 2000. Ce qui avait obligé Ramgoolam à le sanctionner. J’invite le Premier ministre à le rappeler à l’ordre
Vous avez appelé les parlementaires à faire une geste en direction d’Haïti. Est-ce qu’ils vous ont entendu ?
Il n’y a rien eu jusqu’ici. Les ministres peuvent faire un geste puisque une somme de Rs 10 000 déduites de leurs salaires a été établie. Je lance un appel au Speaker pour en faire la demande.
Amar Deerpalsing, s’est plaint que les fonds du Stimulus Package n’ont pas été décaissés rapidement en faveur des Petites et Moyennes Entreprises. Vos commentaires…
Le gouvernement a offert Rs 300 millions à deux copains. On aurait pu utiliser cette somme pour venir en aide à plusieurs petites entreprises. Je note qu’il n’y a aucune volonté entre les discours et la réalité.
Que pensez-vous de la suppression des subventions à l’ACIM(Association des Consommateurs de l’Ile Maurice ) de Jayen Chellum ?
C’est une honte dans un pays où l’on est supposé avoir à cœur l’intérêt des consommateurs. L’ACIM qui défend les consommateurs est privée de fonds qui menacent même son existence. Pire, elle n’arrive pas à payer ses employés. Le gouvernement veut sanctionner ceux qui disent la vérité.
Jimmy Jean Louis

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